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Une page web repose sur trois langages qui se partagent le travail : HTML structure, CSS habille, JavaScript anime. HTML vient en premier et porte le fond : il déclare que cette ligne est un titre, que celle-ci est un paragraphe, que ce mot est un lien et que cette image représente telle chose. Retirez le CSS, la page devient laide mais reste lisible. Retirez le HTML, il ne reste rien.

Vous entendrez souvent parler de HTML5. Le terme est aujourd’hui trompeur, et nous devrions collectivement cesser de l’employer : il faut dire HTML, tout simplement. La cinquième version a été la dernière à porter un numéro. Depuis, le langage évolue en continu, sans compteur et sans date de fin annoncée. Dire « HTML5 » en 2026, c’est un peu comme désigner une voiture par son millésime de sortie alors qu’elle est révisée tous les ans depuis.

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Le langage qui a cessé de compter ses versions

HTML5 a été finalisé en 2014, après des années de travail mené en parallèle par deux organisations, le W3C et le WHATWG, chacune publiant sa propre version de la spécification. Le 28 mai 2019, les deux ont signé un accord mettant fin à cette situation : le WHATWG maintient désormais HTML sous la forme d’un Living Standard, un standard vivant, et le W3C a cessé de le publier de son côté. Conséquence directe et peu connue : il n’y aura jamais de HTML 6. Le langage continue de gagner des fonctionnalités, mais la numérotation, elle, a été débranchée. La dernière évolution se poursuit donc systématiquement, sans limite.

Cette version 5 a aussi refermé une époque. Avant elle, afficher une vidéo, une animation ou un son dans un navigateur imposait un greffon propriétaire, Flash le plus souvent, avec son lot de failles de sécurité, sa gourmandise et son incompatibilité totale avec les téléphones. HTML5 a apporté la vidéo, l’audio et le dessin nativement, ce qui a rendu Flash inutile et a largement ouvert la voie au web mobile tel que nous le connaissons. Ceux qui ont connu les sites d’accueil en Flash, l’animation d’introduction et son bouton « passer l’intro », voient très bien de quoi nous parlons. Les autres viennent d’apprendre qu’ils sont jeunes.

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Ce que les machines lisent quand personne ne regarde

Le référencement se joue là, avant tout le reste. Quand Google parcourt une page, il ne voit ni votre mise en page ni vos couleurs : il lit une structure. Le titre principal lui annonce le sujet, les sous-titres lui donnent le plan, les mots mis en valeur signalent ce qui compte, les liens lui indiquent où aller ensuite et de quoi parle la destination. Une page correctement structurée offre au moteur une lecture fiable de son contenu. Une page où tout se ressemble l’oblige à deviner, et il devine mal. C’est pour cette raison que nous nous battons sur ce terrain, y compris quand personne ne voit le travail.

L’accessibilité repose sur la même structure. Une personne qui utilise un lecteur d’écran ne parcourt pas la page de haut en bas : elle navigue de titre en titre, saute d’un lien à l’autre, cherche les repères. Si la hiérarchie est cohérente, elle se déplace vite et comprend. Si elle ne l’est pas, la page devient un bloc indistinct. La même rigueur sert donc deux publics à la fois, les moteurs de recherche et les personnes en situation de handicap, ce qui en fait l’un des meilleurs investissements du web.

Le partage et les affichages enrichis en dépendent aussi. Le titre et l’image qui apparaissent quand un lien est partagé sur les réseaux sociaux, l’extrait affiché dans les résultats de recherche, la fiche horaires ou avis présentée par Google : tout cela est extrait du HTML de la page. Ce que la machine ne trouve pas dans la structure, elle ne peut pas l’afficher.

Les assistants et les IA lisent la même chose. Les outils qui résument une page, répondent à partir de son contenu ou la citent en source s’appuient sur cette structure pour identifier ce qui est un titre, une définition ou une réponse. Un site bien structuré est aujourd’hui mieux compris par ces outils qu’un site où tout est empilé sans hiérarchie. Le travail fait pour Google il y a dix ans sert donc une seconde fois.

Donner du sens plutôt que de l'apparence

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Un seul titre principal, puis une hiérarchie qui descend. Une page porte un titre de niveau 1 qui annonce son sujet, des titres de niveau 2 pour ses grandes parties, des niveaux 3 à l’intérieur si nécessaire. C’est un plan, pas une question de taille de caractères. Sauter du niveau 1 au niveau 3 parce que le rendu était plus joli casse la logique que les machines suivent.

Ne jamais choisir un titre pour son apparence. C’est l’erreur la plus fréquente dans un éditeur de contenu : appliquer un style « Titre 2 » à une ligne parce qu’elle doit être grosse et en gras, alors qu’elle n’introduit rien du tout. Si un passage doit simplement ressortir visuellement, cela relève du CSS. Le titre annonce une section, il ne décore pas.

Écrire des liens qui se comprennent seuls. « Cliquez ici » ne dit rien, ni à un moteur ni à une personne qui navigue de lien en lien. Le texte d’un lien doit annoncer sa destination, comme « consulter nos tarifs de maintenance ». Ce texte est l’un des signaux les plus anciens et les plus solides du référencement, et il ne coûte rien à bien écrire.

Réserver la mise en valeur à ce qui compte. Mettre en gras un mot sur trois revient à n’en mettre en valeur aucun. L’emphase indique ce qui est important dans une phrase, elle perd tout effet quand elle sert d’outil de mise en page. Comme pour les titres, la règle tient en une phrase : le HTML dit ce que le contenu est, jamais à quoi il ressemble.

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Les erreurs qui rendent une page illisible pour une machine

Le texte enfermé dans une image. Une accroche, un tarif ou un horaire intégré dans un visuel n’existe pas pour un moteur de recherche, ni pour un lecteur d’écran, ni pour un outil de traduction. Le contenu est visible par vos visiteurs voyants, et invisible pour tout le reste. C’est l’un des rares cas où une page peut être parfaitement soignée en apparence et vide aux yeux des machines.

Une structure entièrement plate. Une page où chaque bloc est un conteneur générique sans signification particulière reste techniquement valide et s’affiche normalement, mais elle n’offre aucun repère. Nuance honnête, et elle est débattue chez les praticiens : les balises purement décoratives comme l’en-tête ou le pied de page apportent moins que ce qu’on lit souvent. Ce qui pèse réellement, ce sont la hiérarchie des titres, les liens et l’emphase. Mieux vaut une structure simple mais rigoureuse qu’un catalogue de balises modernes mal employées.

Confondre validité et qualité. Un code peut respecter la norme et rester incompréhensible, exactement comme un texte sans faute d’orthographe peut n’avoir aucun sens. Les outils de validation vérifient la grammaire du langage, pas la pertinence de la structure. Aucun outil automatique ne dira à votre place si vos titres racontent le bon plan.

Croire que le sujet est réglé une fois pour toutes. La structure se dégrade avec le temps, au fil des contenus ajoutés par des personnes différentes, des copier-coller depuis un traitement de texte et des modules installés au fil des besoins. C’est un point à revoir lors d’un audit, au même titre que les performances ou la sécurité, et non un chantier que l’on solde à la création du site.

Une page web repose sur trois langages qui se partagent le travail : HTML structure, CSS habille, JavaScript anime. HTML vient en premier et porte le fond : il déclare que cette ligne est un titre, que celle-ci est un paragraphe, que ce mot est un lien et que cette image représente telle chose. Retirez le CSS, la page devient laide mais reste lisible. Retirez le HTML, il ne reste rien.

Vous entendrez souvent parler de HTML5. Le terme est aujourd’hui trompeur, et nous devrions collectivement cesser de l’employer : il faut dire HTML, tout simplement. La cinquième version a été la dernière à porter un numéro. Depuis, le langage évolue en continu, sans compteur et sans date de fin annoncée. Dire « HTML5 » en 2026, c’est un peu comme désigner une voiture par son millésime de sortie alors qu’elle est révisée tous les ans depuis.